Commençons par la fin

Publié le par Sébastien Cochelin

Jour - La ronde -


 

C’est qu’il en faut du temps

Pour comprendre que cela va venir

A presque se guetter pour se voir sourire

Plier le dos pour entendre sa poitrine

 

Faire silence au claquement de porte

Puis vérifier même que tout est là

Les cinq doigts les deux mains

 

Si tu regardes à l’extérieur

Moi je te cherchais aussi là

Cette ronde envie est-elle un horizon

 

Où oreille parmi les plus parfaites

Avait connu ce jour de fête

Sous le regard de Dieu

Qui silencieux laisse un peu d’œil

 

Se baisser sur soi le mont-de-piété

A la bonne sienne la bonne Sienne

Va se montrer un peu

Dans le rayon d’un grand luminaire

 

Dieu oui tout le monde pourrait y croire

Quand on se regarde deux dans un jadis

Tant las de s’attendre nous inconnus d’un lors

 

Ainsi on peut s’attendre à tout

Dans l’amour même des moins platoniques

Pour lui faire juste passer l’Ether par le chas

 

Certains voudraient en deux gouttes

En faire autant passant la tête

Dans une existence à contre-jour

Noire silhouette gargouille présentable

 

Sous effet de résistance à résidence

S’emportent avec le rideau tiré

Sur les tables remplies de cendriers

Sur les autours de pommes de terre

 

Eplucher comme compte le journalier

Affairé sans y faire ses oignons

En reprendre sans peine

 

En laisser pour demain

Pour les cimes qui frappent

Du menton la tête en soc

 

Des érables recueillant les gels

Affables sur leurs nids de rêve

La belle verte étalée sous vos yeux

Faisant venir le soleil pour y jouer

 

Du terreau et de quelques larmes

Matinales vous écrire un mot

O dos retournés révolus permanents

 

Ce que nous proposions :

Des nuées de moutons pour seul

Un cheval qui s’enfuit du désert

Lassé du mensonge pour nom

 

La voix criait : pas ici

Tant les livres étaient vrais

Je regardais ces yeux ivre

De voir même la belle face

 

Couchée sur la stèle que forme

Le retable le regard de la mère

Dans un en-deçà l’accoudé                     

 

Déversant la passion

Au devant d’un Graal tenté

Pour une foule attenante

 

Interdite

A prendre les bords-cadre

Pour des starting-blocks

 

A la fenêtre se distinguait le

Passage de la lumière

Familière oraison

Assaisonnée d’or

 

M’aimeras-tu Perséphone

J’imagine le terrier

Qui m’absorbe

De vastes cadres d’encre

 

Seuls quelques flambeaux

Accusent la ligne des Cyprès

Et les dunes jamais sûres

 

A reverdir me demanderas-tu pourquoi

Pleurer en automne pourquoi aimer amer

Tant les jours veulent cette brume blonde

 

Autour des lampadaires les filles de joie

Le pipi du chien trois poils de bure

Attendait pour ne plus avoir à mentir

 

Sorte de vestale nouvelle installée

A la source où s’abreuvent les justes

La peau de chagrin en pauvres vous

 

Cherchant un peu d’anonymat

Dans vos parcours anodins

En piste icelles tout contre

Tout pour une loi d’audace

 

Suspendue comme funambule en bout de

Course soulevant encore une fois

La main l’horizon enflammé des femmes

 

Comme le cordon sortant des entrailles

Pour se rompre crée par là

Le désir d’être ensemble

D’être en sable à se voir s’écouler

 

Comme les runes s’effacent

Des fenêtres du souvenir

En faux marbres de florentines veinules

 

Comme au couvent de San Marco

Un Dominique appuyé le long d’une embrasure

Se mesure à l’errance des âmes affamées

 

De chacun chacune en étoile levant

Quelques embarras sur l’œil premier

A la fois joie et larme de ne savoir

Encore où jeter la colère naissante

 

Les murs de pierre sont l’abri des spectres

Ces chercheurs de maître sans escale

Les cénobites tentant la croisée aux matines

 

Mais voir achevées complies

C’est prendre la tonsure pour une canopée

Sahélienne sans chance de s’y confondre

 

Aussi profane on prenait des yeux bleus

Pour sortir avec le rêve aux rues

Y voir par-delà un pont en retrait

Un versant de l’île St Germain

 

Mouillée seule avec les singes

En barbe et les moineaux coincés

En Arcimboldo sur favoris mêlée

 

D’un enchevêtrement métallique

Comme ces restes d’expositions

Qui passent universelles par ennuis

De passés glorieux

 

Et finissent en Seine faute saignante

Exsangue exégèse du lieu propre

Le seul avantage étant d’y pouvoir

S’accoupler pour regarder le champ

 

Se profil de blé dans la mémoire

La lune anticipant des restes diaphanes

Où la main traverse l’espoir sans agripper

 

Les points suspendus de nimbus

Comme un peu de ténèbres dissoutes

Pour une invisible victoire

Dans un visage qui hier privé aujourd’hui se gorge

 

Pour demain se souvenir non amer.

 

 

Passages/viae

Voir aussi ARPA N°98
 

Publié dans Mélanges

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