EN MARGE

Publié le par Sébastien Cochelin

Mon grand projet d'essai poético-théolgico-poétique enfin achevé pour sa première partie, je laisse soin aux éditeurs auxquels j'ai confié mon travail de lui assurer un avenir digne de son nom.

C'est aussi l'occasion pour la revue "le Grognard" de décembre de publier un extrait tiré du deuxième tome qui est en préparation.

Ainsi va l'écriture, lente mais toujours en progrès.

Pour l'heure voici donc une prose poétique tirée de l'affaire

 

Prose sur

 Une Exèdre de Lawrence Alma Thadema

 

C’est un détail. Le minus, le parvulus. En un temps, où l’on n’aimait pas, la petitesse, en un temps où l’enfant, l’ange et le chien ne formait pas une image chérie. Au lieu, de cela, l’enfant, l’ange était le chien sans consolation d’un temps. Une exèdre ? Il n’en est qu’à la frontière, adossé à une borne, qui semble une pierre tombale, dossier d’une chaise de fortune, le cul posé sur la route sombre et en pente, tandis qu’une marche plus haut l’exèdre se couple à l’horizon, insouciante. Ici on s’arrête pour la vue, quatre yeux pour voir le lointain, puis l’on cause, sur la pierre blanche, ou ici le sommeil isole. Qui verrait ainsi le parvulus, crâne rasé comme l’immémoriale figure du sous-prolétariat romain de Pasolini, qui verrait le reflet des banlieues attenantes de Pompéi ? La liberté biffée par de grandes lettres sur un vêtement : propriété des Holconii,  bagnard d’un monde libre. Armé de parasol, comme gardé de soleil, attendre ainsi la vue, le détour, se faire l’ombre portante, le regard vidé d’un souvenir d’existence loin des subtils compagnons de Plaute et de Térence. Pas même oublié : in-vu, éternel hors-champs.

Christian Bobin le très-bas

Publié dans BONUS

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