EN MASQUE

Publié le par Sébastien Cochelin

à découvrir en intégralité dans la très moderne revue de poésie "Les cahiers d'Adèle"

 

 

I

 Elle présentait bien

 

Quelques bouts de papier

Pour se croire ainsi

Composée

Entre les verres

Tenir un visage

 

Du regard la faisait

Blason de la femme rêvée

 

 

II

 

Tellement bien qu'elle en fit un métier

Il la suivit avec le regard de celui qui

Etoffes qui font d'une fille une femme     L'idée même que se fait tout être

Elle l'aima plus qu'elle-même

 

Faire face

Tenir des pommettes

Un Top c'est le mot

Une taille

 


III

 

Métier de rêve pour poupée rêvée

Versé dans les arts martiaux

Rouges pour saturer le cendré

D’une beauté

 

 

Autant d’apparaître

Porter les fruits fragiles du lendemain

Offerte à leur créance

Un buste


LES CAHIERS D'ADELE # 8 (ICONES)

 

Sur le poème:

Sans se vouloir d’une modernité écrasante ce poème est particulier, c’est un poème contrapuntique. Cela veut dire qu’il est pensé en différentes voix comme la partition d’une polyphonie. J’ai d’abord écrit les voix de manière horizontale pour « raconter » l’histoire, puis le regroupement vertical fait le poème, avec des décalages et des répétitions. C’est ainsi dans la verticalité que s’inscrit les contradictions et  précipitations voulues. Certaines voix cessent puis reprennent, ainsi forment les espaces comme les sauts de ligne de ces douze fragments. L’histoire de départ fut la mutilation à l’acide d’une jeune présentatrice britannique. Les médias l’ont filmée, elle porte un masque pour faire tenir ses chairs et bois avec une paille. J’ai voulu représenter cette violence, porter ce scandale : celui d’un homme qui croyant posséder un être, une poupée, casse son jouet rageur. 

Publié dans Revues

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