VERSO N°145

Publié le par Sébastien Cochelin

J'ai la joie de figurer ce moi-ci, pour la première fois dans la revue Verso. Une revue riche en couleur, qui porte pour ce numéro de juin un titre évocateur "La chair du verbe". Verso est une revue de poésie dont la longévité est quasiment record, fondée en 1977, elle bénéfiecie d'une bonne distribution en libriairies à paris (La Hune; Tschann, librairie rue saint Maur...) à lyon et à Nantes.

 

A l'honneur des poèmes extraits de passage/viae, un long cycle de poésie composé sur une année que l'on a pu découvrir ici : Commençons par la fin et  dans la revue ARPA N°98 ; ces poèmes ont en réalité pas mal d'années (2002-2003), mais ils sont empreint d'une fraîcheur que j'aurais du mal à recréer aujourd'hui. Voilà aussi pourquoi la sagesse en poésie est de ne pas chercher à recréer absolument les mêmes ambiances. La poésie est souvent un miroir, quand le visage à changé, il faut se regarder comme un autre, comme une part désormais insaisissable.

 

DECEMBRE

 

Matin

Nous avons vu passer

Dans des dessins aux doigts mouillés

Tant de couronnes sur les têtes

Chagall la nuit est le matin d’hiver

 

Quand tout commence et les poubelles

Déjà prises d’assaut

Des gens qui les gants pleins d’humeurs

Et la cendre autour descendent encore

 

Et des gens qui les gants pleins d’humeurs

La cendre autour remontent toujours avec

Les bras pleins des faits du matin au soir

Ombres de voisinages

 

Les feux follets ont cessé sur la chaussée

Et le bleu est retourné dans son encrier

Le furtif est damé par le tremblant

Nos êtres demeurent s’éloignant

 

Milieu du jour

Les yeux couverts de petites morts

Toute une nuit sur midi

Si la fin était là ce serait bien ça

Avec vitres à l’attaque

Et lendemain de gel pour un nouvel essorage

 

Sans même voir de différence

La même chose que le naître

La mort demain dans le gel

Et ce dur désir d’espérer

L’aurore et la mer enlacées

 

Sur les arbres l’écorce

Moelleuse

Et le ciel d’un poil tacheté

Histoire de ne faire que du vent

De ce bleu pâle étalé

Sur la profondeur des os

Qui s’empalent d’entre les eaux

 

Verso 145

 

Nb : à suivre en septembre même revue Verso, autres mois, autres heures...

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